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Charlie Hebdo: héros national

 

Oui, Charlie Hebdo est, en Italie, un héros national... pas tout à fait un héros que l'on encense, disons plutôt de ces héros qui fédèrent et sont à eux seuls des mythes fondateurs de la nation.

S'il est bien un préjugé sur l’Italie que l'étudiant appréhende dans ses cours d’histoire italiennes c’est, je cite un historien britannique, « la présumée faiblesse du sentiment d’identité nationale ».

L’unité tardive de cette Italie qui devrait alors sans cesse se confronter au besoin de « faire les italiens » semble pour certains se réaliser dans de grands moments de surcharge sémiotique, chaque scène devenant symbole, chaque anecdote devenant l’enveloppe d’une vérité plus grande, chaque personne devenant une personnification.

Un temps désormais émotionnellement lointain (merci) de mes activités d’enseignant, j’avais poussé l’inquisition des élèves de scuola media (collège) « L’Italie n’existe pas ? » la réaction fut à chaque fois la même, en tout cas aussi épidermique « Bien sûr que oui, on est champion du monde ». 

Le lecteur français devrait – une fois débarrassé de ses filtres visqueux sur le débat de l’identité nationale (heureuse ou pas)- plus que d’autres savoir qu’il y a moins d’identité qu’il n’y a d’appartenance. Nous n’avons pas de « carte d’appartenance » c’est pourtant ce qui se doit d’être cultivé dans une nation, et c’est aussi parce que nous n’avons pas de telle carte – donc de marqueur tangible – que nous avons tendance à nous méprendre sur l’identité. 

 

    

 

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les séismes en Italie.

Le séisme du 30 octobre est inédit : c’est la première fois qu’une secousse supérieure à une magnitude de 6 sur l’échelle de Richter ne fait pas de victime en Italie.

Toutefois il faut mettre en perspective cet événement avec une série de secousses qui frappe la Péninsule ces derniers mois, notamment la secousse du 24 aout  qui a vu des zones sinistrées être évacuées. C’est en partie grâce à cette évacuation d’habitations que l’on doit ce bilan miraculeux.

Il faut aussi relativiser le chiffrage de ces séismes : le choc en lui même est plus violent avec l’augmentation de l’intensité, et cela de manière quasi exponentielle d’ailleurs. Mais il n'indique pas à lui seul les dégâts qui diffèrent en fonction de la vulnérabilité des lieux.

Cette échelle de Richter permet de mesurer une quantité d’énergie, mais il existe aussi une autre échelle : Mercalli. Cette dernière va mesurer l’effet du séisme en terme de destruction.

Si un séisme survient dans le désert avec une magnitude de 7 (Richter), il n’y aura aucun dégât (pas de bâtiment), et sera donc un séisme de 0 sur l’échelle Mercalli. Un séisme de magnitude 7 qui raserait au sol une ville entière serait un séisme de 12 sur l’échelle Mercalli. Cette échelle Mercalli ou MCS (pour Mercalli Cancani Siedberg) est intéressante. En Italie les sites ayant subi des destructions nécessitant une reconstruction (et pas seulement des réparations plus ou moins étendues) de l’habitat (à partir du 8ième degré dans la classification MCS) sont nombreux. Lors des quatre cent dernières années 170 séismes sont au moins classés au 8ième degré MCS. Le centre et le sud de l’Italie sont les zones les plus touchées par la fréquence et l’aspect destructif.

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