judiciarisation

La science sur le banc des accusés, l’exemple du procès de la Commission Grands Risques italienne suite au séisme des Abruzzes de 2009.

 

 

Le 6 avril 2009 la région des Abruzzes en Italie est touchée par un fort séisme. On dénombre 309 victimes. On assiste alors à la diffusion d’une polémique autour d’une « alarme manquée ». Les autorités ayant rassuré la population avant le séisme, c’est du moins une des premières hypothèses que nous étayons dans cet article. Antonello Ciccozzi a été chargé par le tribunal de l’Aquila d’analyser la communication des membres de la Commission Grands Risques dans les jours précédant le séisme du 6 avril 2009 et la manière dont cette communication a été perçue et traduite en comportement de la part de la population. Cette expertise, qui est d’ailleurs en Italie la première consultance anthropologico-culturelle recueillie dans le domaine judiciaire, a eu un rôle fondamental dans le procès qui a donné lieu à une sentence choc, « comparée à l’affaire de Galilée », la condamnation en première instance à 6 années de prison pour les scientifiques de la Commission. En première instance le jugement a tenu compte de la réception plus que du discours, l’anthropologue, en effet, souligne l’importance de replacer la science dans la société. Les scientifiques sont relaxés en appel, toutefois cet événement mérite une attention particulière.

 

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